Une magnifique planète !

Quand je regarde les coquelicots fleurir par-ci, par-là, envahir progressivement les champs de vagues rouges intenses, je m’émerveille. Je me sens en joie et chanceuse de vivre sur cette magnifique planète.
Je me sens appartenir à quelque chose de Beau, d’Immense et de Mystérieux et cela me remplit de gratitude.

Appartenir

Voici un thème intéressant. Nous, les humains, sommes des animaux sociaux, des mammifères et à ce titre, nous ne pouvons pas vivre seuls. Nous avons besoin d’échanges, de liens, de partage, de chaleur, de réconfort, de challenges et de soutien. Nous avons besoin de nous exprimer et d’entendre d’autres, de nous confronter comme de faire alliance. Et pour cela, nous formons ou vivons dans des groupes, des communautés. Nous nous réunissons, nous nous référons, et nous nous opposons parfois à ces collectifs qui constituent des espaces indispensables et essentiels à notre survie, à notre vie, à notre croissance, à notre évolution. Ces cercles ont des règles, des normes, des usages qui leur sont propres et qui nourrissent ce sentiment de sécurité, d’appartenance que l’on peut éprouver lorsqu’on s’y sent à sa place. 
De fait, nous appartenons à une famille, à une ou plusieurs ethnies, à un pays, et à différents groupes selon nos activités (amicales, sociales, professionnelles, culturelles, sportives, religieuses, philosophiques, de loisir, politiques…), cela nous nourrit, nous épanouit, nous challenge parfois.

Un sacré paradoxe

Et en même temps, en tant qu’humain, au cœur de notre être, depuis notre naissance, s’engage un autre mouvement qui nous propulse dans l’autre sens, celui de devenir nous-même, un être unique et singulier. Notre croissance s’inscrit dans cette danse entre ces deux opposés : « être comme » (appartenance) et « être différent » (singularité) et nombre de nos difficultés et perturbations résultent d’un tiraillement voire d’une lutte entre ces deux polarités.

Concernant l’appartenance, il est bon de pouvoir s’appuyer sur un groupe qui nous reconnaît comme membre et à ce titre qui nous fait nous sentir protégé, sécurisé, apprécié, aimé. Mais cet accueil a souvent une contrepartie : que l’on y respecte les règles, les injonctions, les prescriptions, les missions et que l’on reste loyal.
Pour beaucoup, la famille fait office de cocon protecteur et terreau fertile pour se développer harmonieusement. Pour d’autres, malheureusement, cette appartenance peut être coûteuse, douloureuse et même délétère lorsque la famille est dysfonctionnelle ou toxique, où les relations sont biaisées, truffées de non-dits, d’implicites, de transactions cachées , d’abus de pouvoir et de violence.

Des loyautés et des deuils

Devenir un adulte singulier et individué passe donc nécessairement par la remise en question du bien-fondé de ces règles, diktats, interdits, obligations, fonctionnements de nos groupes d’appartenance afin de faire sien ce qui nous convient et nous respecte, et de rejeter ce qui nous aliène, nous meurtrit. Mais ce travail de se départir de loyautés et autres empoisonnements mentaux et émotionnels a aussi un coût. Celui de faire les deuils d’idéaux, d’une certaine sécurité, de panser ses blessures narcissiques, de réparer des traumatismes et de sortir de perpétuelles attentes que l’autre soit différent ou fasse différemment.

C’est alors que trouver ou construire des communautés saines peut être salutaire et soutenant. Ce sont des groupes qui peuvent être éphémères dans le cadre d’une journée d’atelier ou plus pérennes dans le cadre d’une famille que l’on crée, d’un groupe d’amis intimes ou d’un groupe de thérapie. Des groupes où le cadre est clair et sécure, où les règles sont co-construites dans le respect de chacun·e, où le soutien, la bienveillance et la tolérance sont au cœur des échanges et fondent la sécurité et la confiance. Ce ne sont pas des paradis bisounours, mais des espaces vivants où chacun·e a sa place et sa voix, où l’on apprend à tisser une intimité saine et à poser des limites, où l’on peut se confronter sans violence, où chacun·e est précieux·se simplement parce qu’il·elle est tout simplement qui il·elle est, et est accueilli comme tel·le.

L’heure du choix

Appartenir est indispensable pour pouvoir vivre et évoluer, c’est un creuset qui nous façonne — et peut aussi nous formater — et sur lequel nous prenons appui pour, à l’instar d’une chrysalide, devenir nous-même. Il est alors intéressant de faire l’inventaire des différents groupes auxquels on adhère. De vérifier si les valeurs et les comportements nous conviennent et si, dans le cas contraire, on y a encore sa place. Avons-nous encore du temps à perdre avec des personnes qui ne nous font pas du bien, qui nous jugent ou nous violentent ? Je ne crois pas.

Le travail en thérapie ou en constellations familiales et systémiques peut nous permettre de mettre en lumière ces différentes dynamiques d’appartenance et de loyautés saines ou malsaines afin de nous départir de ce qui n’est plus juste pour nous et suivre notre propre chemin dépouillé de ce qui nous entrave.

A bientôt

Carlotta

(Edito de la newsletter de mai 26)
Crédit photo bernswaelz de Pixabay