Bonjour à toutes et tous,

Quelle période étrange nous vivons, n’est-ce pas ? Une période trouble, certes, mais également, par delà le trouble, une période qui ouvre à un certain nombre de remises en question, à des invitations voire des injonctions à se remettre en question… En fait, que d’injonctions actuellement, ne trouvez-vous pas ? Que d’injonctions ! A faire ceci, à dire cela. Des injonctions à souscrire sans réserve à tel courant de pensée, des injonctions à la discrimination voire à l’intolérance, des injonctions à la performance, des injonctions à la conscience, des injonctions au bonheur ou à l’amour, des injonctions à prendre en charge l’autre, des injonctions à injoncter ! Mais à quel moment commençons-nous à juste cesser de souscrire ou d’alimenter certains principes érigés en dogmes qui nous rigidifient et nous éloignent de notre être et parfois des autres ? A quel moment cessons-nous d’obéir aveuglément à toutes ces voix intériorisées imaginaires ? Parce que c’est bien souvent notre mental qui est notre propre tyran, qui prononce ces diktats. A quel moment nous posons-nous, bon an, mal an, là, pour tenter d’être avec la situation, quelle qu’elle soit, pour trouver un chemin pour faire/être avec ; pour retrouver un centre, une base qui est la nôtre, un alignement qui se déploie en dedans de nous à partir de cette base ? Quel est notre ancrage ? Se fonde-t-il sur des croyances, des préjugés, des représentations, des « yakafaukon » ? Sur une pseudo bien-pensance acceptable par les autres parce que répondant à critères ? Ou bien acceptons-nous de nous inscrire dans une expérience du vivant, ici et maintenant ? A quel moment je passe du « il faut, je dois » à « je sens, je ressens, j’ai envie, j’exprime » ? En fait, à quel moment faisons-nous voler en éclat nos conditionnements, nos luttes intérieures, nos œillères sur le monde pour juste revenir là ?

Je suis vivante, j’ai envie d’être pleinement vivante et de manifester la vie dans la forme qui est la mienne. Je revendique ma singularité et mon unicité et j’accepte de faire face, sans fard, à nommer ce que je ressens et qui je suis, quitte à déplaire. Car ce qui me fonde aujourd’hui, c’est mon expérience de Ma vie, dans la réalité qui est celle que je perçois et non celle de l’autre. Ma réalité aujourd’hui, c’est le printemps qui éclot, explose en vitalité, couleurs, parfums, chants d’oiseaux. Brise légère, chaleur du soleil et coquelicots partout ! Je ne sais pas de quoi demain sera fait, et je ne suis pas passive pour autant. Juste de temps en temps, chaque jour, ma contribution à la vie c’est de m’arrêter, de respirer et de profiter. Etre debout, entre ciel et terre, fermement enracinée en moi, et en lien avec ce qui est là, avec qui est là. Maintenant. Et c’est ce à quoi je vous invite. A être celle/celui qui honore Sa vie en étant là, en sentant ce qui est juste (justesse) autant que possible afin de savourer le présent puis de préparer le pas suivant. C’est au présent que chacun écrit son futur. C’est au présent que je prends les décisions qui fonderont ma vie de demain.

Acte de bravoure, loin s’en faut, que d’exister. Mais l’aventure n’en vaut-elle pas la chandelle ?

Joli moi de mai*

A bientôt

* L’erreur est volontaire